Tendances liées à la participation électorale des jeunes au Canada

Une démocratie saine et robuste repose sur un électorat engagé et informé. Cette partie porte sur les tendances de la participation électorale des jeunes Canadiens et sur les recherches effectuées pour comprendre pourquoi les jeunes votent moins que les autres groupes d’âge, et comment l’éducation civique peut favoriser leur vote.

Tendances du taux de participation globale

Depuis plusieurs décennies, on observe une baisse du taux de participation global. Avant les années 1990, la participation électorale était de 70 % ou plus lors de la majorité des élections fédérales. Le taux de participation a diminué au cours des années suivantes et a atteint un creux historique de 59 % en 2008.

Un graphique linéaire montrant la participation électorale de 1970 à 2019

Ces tendances ont commencé à s’inverser en 2011, et les résultats pour 2015 ont été encore plus positifs. Le taux de participation global a atteint 68,3 % en 2015 et n’a que légèrement diminué en 2019, passant à 67 %.  

En 2015, le taux de participation des jeunes de 18 à 24 ans a connu la plus forte augmentation de tous les groupes d’âge. Un demi-million de jeunes Canadiens de plus qu’en 2011 ont voté.  

Toutefois, en 2019, la participation des jeunes a diminué de 3,2 points de pourcentage. Serait ce le début d’une tendance à la baisse? Ou est-ce plutôt un signe que la participation se stabilise?

Évolution de la participation électorale par groupe d’âge 

Une chose est demeurée constante au cours de la dernière décennie : il y a un écart important entre la participation électorale des jeunes et celle des groupes plus âgés. En 2015, la participation des jeunes électeurs était inférieure de plus de 20 points de pourcentage à celle des électeurs âgés de 65 à 74 ans.

En 2019, l’écart entre ces groupes d’âge a augmenté, le taux de participation des jeunes étant de 25 points de pourcentage inférieur à celui des électeurs âgés de 65 à 74 ans.

Un infographique de la participation électorale pendant l’Élection Fédérale de 2019, comparant deux groupes d’âges : 18-24 et 65-74

Voter, c’est en prendre l’habitude : une personne qui vote à sa première élection votera probablement toute sa vie. En revanche, si elle ne vote pas à sa première élection, il est peu probable qu’elle en prenne l’habitude plus tard.

Un graphique linéaire avec trois groupes d’études qui démontre que voter dès un jeune âge développe une habitude et promet une plus grande participation électorale
Ce diagramme présente les résultats d’une étude menée auprès de trois groupes d’électeurs, de 1965 à 2008.

Pourquoi les jeunes votent-ils moins?

Afin de mieux comprendre pourquoi de nombreux jeunes ne votent pas  et déterminer l’évolution des obstacles au vote, Élections Canada a commandé plusieurs études. 

L’Enquête nationale auprès des jeunes 2015 a permis de relever deux obstacles majeurs : la motivation et l’accès. Le sondage a révélé que, comparativement aux électeurs plus âgés, les jeunes Canadiens :

  • s’intéressent moins à la politique canadienne;
  • ont moins le sentiment qu’ils peuvent changer les choses en votant;
  • croient que le gouvernement ne se soucie pas de ce qu’ils pensent;
  • ont tendance à considérer le vote comme un choix plutôt que comme un devoir.

En ce qui concerne l’accès, l’Enquête a révélé que les jeunes :

  • sont moins susceptibles de recevoir une carte d’information de l’électeur;
  • sont moins informés des façons de s’inscrire et de voter;
  • trouvent le processus de vote trop difficile (se rendre aux urnes, prouver leur identité).

Les résultats de la recherche indiquent qu’un facteur clé pour surmonter ces obstacles est d’augmenter le degré d’intérêt et le niveau de connaissances politiques des futurs électeurs.

Valeur de l’éducation civique

Grâce aux résultats de ses recherches, Élections Canada comprend l’importance de l’éducation pour préparer les futurs électeurs à la vie civique. Selon l’Enquête nationale auprès des jeunes 2015, les jeunes ayant voté étaient beaucoup plus portés à dire :

  • qu’ils avaient acquis des connaissances sur le gouvernement et la politique au secondaire;
  • qu’ils avaient participé à une élection simulée.
Une personne qui entre dans un bureau de vote

Pour former de futurs électeurs engagés et bien informés, il faut la participation des proches, des écoles et du gouvernement, entre autres. Notre démocratie en dépend!

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